La grève des personnels pénitentiaires de France s'attaque aux droits des prisonnier-e-s


Les prisonnier-e-s sont pris-e-s en otages dans ce mouvement qui demande l'application de nouveaux moyens répressifs Soumis à la mar, 23/01/2018 - 13:42

Le 15 janvier, les syndicats de personnels pénitentiaires de France ont appelé à la grève pour demander des augmentations de salaire et plus de moyens répressifs contre les prisonnier-e-s, utilisant comme excuse la supposée agression subie par trois fonctionnaires le 11 janvier à la prison de Vendin-le-Vieil. Le 15 du même mois, ils auraient subi une autre agression à la prison de Mont-de-Marsan, toujours selon la version des geôlier-e-s.

Dans cette grève déguisée en lutte ouvrière, les matons prennent les prisonnier-e-s en otage. En même temps qu'ils bloquent les entrées de la prison, ils ont empêché dans certains cas les visites des familles des prisonnier-e-s, tout comme l'entrée des aliments que la prison propose. À certaines occasions également, ils ont empêché l'entrée des médecins qui s'occupent des prisonnier-e-s ainsi que les trajets de ces derniers à l'hôpital, ce qui a provoqué des émeutes dans certaines prisons.

Dans les revendications des personnels pénitentiaires, en plus de l'augmentation de salaire ainsi que celle des effectifs, on trouve la remise en place de moyens et procédés utilisés en d'autres temps. Parmi ceux-ci, on trouve la fouille des détenu-e-s après chaque visite (actuellement, les fouilles sont occasionnelles et doivent être justifiées par des soupçons) ou encore la réouverture des anciens quartiers de haute sécurité (QHS) afin d'y mettre les prisonnier-e-s considéré-e-s comme dangereux/ses.

Face à cette grève de ceux/celles qui perpètrent le système répressif capitaliste, le Mouvement Pour l'Amnistie et Contre la Répression dénonce l'utilisation mesquine que font ces fonctionnaires à caractère militaire de la vie des prisonnier-e-s et de leurs familles.

Au mépris, aux agressions et à l'absence de satisfaction des besoins les plus élémentaires dont souffrent les prisonnier-e-s, il faut désormais ajouter les blocages des geôliers, accompagnés de revendications qui attaquent directement les conditions de vie desdit-e-s prisonnier-e-s.

Nous souhaitons rappeler à quiconque serait tenté d'apporter sa solidarité aux personnels pénitentiaires , sous prétexte de lutte ouvrière, que ces derniers ne sont pas des travailleurs, sinon les chiens de garde du système. Nous souhaitons également rappeler que les prisons sont un des principaux piliers du système capitaliste et que, sauf exception, on y trouve exclusivement des travailleurs/ses pauvres et des militant-e-s politiques.

Le Mouvement Pour l'Amnistie et Contre la Répression souhaite apporter sa solidarité aux prisonnier-e-s et à leurs familles, qui subissent cette attaque, et tout particulièrement aux militant-e-s politiques basques. En ce qui concerne ces dernier-e-s, nous souhaitons souligner une fois de plus que seule l'amnistie garantira que, dans le futur, nous obtiendrons les conditions pour qu'aucun-e militant-e politique ne sera traité-e comme un-e otage, à savoir leur liberté et celle d'Euskal Herria.

 

En Euskal Herria, le 21 janvier 2018.

Mouvement Pour l'Amnistie et Contre la Répression.